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IV – Modèles de l’entraînement par blocs de Vladimir Issurin

Cette méthode consiste  en une programmation à court terme (± 2 mois) avec 3 blocs, qui s’apparentent aux méso cycles de la période traditionnelle et qui se définissent comme suit :

1. Bloc « Accumulation » dans lequel on se concentre sur le développement des qualités aérobies générales, de la force générale et du pattern technique.

2. Bloc « Transmutation » au cours duquel on recherche le développement des qualités aérobies spécifiques et de la force spécifique. C’est donc un bloc de travail des habilités spécifiques de l’athlète.

3. Bloc « Réalisation » qui est pour sa part orienté vers les exercices d’affûtage, et spécifique au type d’effort compétitif. Issurin résume les grandes lignes de ce type de périodisation dans le tableau ci-dessous. Il est important de remarquer l’augmentation rapide de la charge. La durée du bloc est courte donc la charge y est condensée.

 

Exemple de mise en oeuvre du modèle par blocs en Trail

Cette méthode peut s’adapter à la pratique de coureurs voulant réaliser plusieurs objectifs importants au cours de l’année, ce qui est souvent le cas dans la pratique du Trail. Il existe alors un effet résiduel des blocs précédents. Mais il existe également une fatigue résiduelle dont il faut tenir compte (fatigue physique mais aussi fatigue nerveuse et mentale). Nous vous donnons l’exemple de Clément Petit jean qui souhaitait réaliser une bonne performance lors du championnat du monde de skyrunning sur le 80km du Mont blanc en juin 2014 (il y termine 4ème) mais il souhaitait aussi pouvoir conserver un bon état de fraîcheur et de forme pour courir son premier ultra en août sur l’UTMB (où il finit 17eme). Il devait pour cela intégrer dans ce programme le Trail du Ventoux en mars et celui de Besançon en mai, en les prenant comme des compétitions de préparation. 

Limites du modèle par blocs

Ce modèle de périodisation est critiquable sur certains points et tout particulièrement sur la durée des blocs d’entraînement. Les adaptations et l’effet résiduel de l’entraînement sont spécifiques à l’athlète, à son âge et à son expérience. Dans ce sens, ce type de travail est peu progressif car la charge d’entraînement est augmentée rapidement. C’est le principe de compensation. Une des grosses difficultés de ce type de programmation est sa complexité dans la mise en oeuvre, notamment dans la gestion de la durée des blocs et de la charge spécifique. Cependant, ce modèle a le mérite de répondre aux exigences de saisons désormais bien chargées grâce à sa programmation à court terme.

Fig 1 : Exemple de mise en oeuvre d’une planification sous forme de blocs (Issurin, 2010)

Réflexion sur les 2 modèles traditionnel et de périodisation

Les deux modèles présentent aussi bien des avantages que des inconvénients :

– Le modèle traditionnel, plus ancien et mieux connu, est à préconiser avec les athlètes qui débutent l’entraînement régulier, tout particulièrement grâce à sa progressivité dans la charge de travail. Il est également plus facile à utiliser pour de jeunes entraîneurs, leur laissant plus de marge de manœuvre et de réajustement dans leur programmation,

– Le modèle de périodisation par blocs est mieux ajusté à la programmation des sportifs de bon voir de haut niveau, mais beaucoup plus complexe à diriger. De ce fait il doit être établi par un entraîneur qui possède déjà une certaine expérience de son athlète car la charge condensée spécifique non adaptée peut provoquer de gros dégâts chez l’athlète si elle est sous-estimée ou, un « désentraînement » manifeste si elle est surestimée (principe de réversibilité).

Eric Lacroix

Eric Lacroix

Coach exclusif pacetraining.run