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Parmi les supplices documentés dans l’histoire de la torture, il en est une classique et néanmoins surprenante qui est celle de la torture par l’eau. Car paradoxalement pour la santé du sportif, le fait de boire trop d’eau à aussi des conséquences néfastes pour la santé. C’est ce que l’on nomme scientifiquement l’hyponatrémie. 

Bien qu’elle n’ait que rarement entraîné la mort d’athlètes, ce trop plein d’eau a quand même coûté la vie à quelques marathoniens, triathlètes et aussi à quelques militaires. C’est pour cette raison qu’il nous semble important de le mentionner et d’en comprendre les causes car il s’agit d’une pathologie fréquente puisque, selon certaines études, pas loin de 30% des athlètes participant à des compétitions d’ultra endurance (marathon ou plus) seraient en hyponatrémie à la fin de l’épreuve.

L’hyponatrémie se manifeste quand la concentration de sodium (sel) dans le sang descend à un niveau anormalement bas, provoquant une enflure rapide et dangereuse du cerveau pouvant causer une crise d’épilepsie, un coma, voire la mort. Même si elle est souvent associée à un exercice prolongé, elle peut aussi se produire au repos lorsqu’une trop grande quantité de liquide est consommée trop rapidement. En effet, une consommation excessive de liquide est un facteur de risque majeur de ce processus, mais elle peut également affecter des athlètes déshydratés ayant perdu une quantité importante de sodium par sudation lors d’un exercice très prolongé. 

Les coureurs atteints d’hyponatrémie prennent du poids au fil des heures. Le gonflement des extrémités n’a rien de grave, mais celui des cellules cérébrales engendre une certaine désorientation et surtout de la confusion (ce qui est par exemple arrivé à Scott Jurek, le célèbre coureur Américain, sur une épreuve d’ultra Trail en 2015). Le risque peut être réduit en s’assurant que l’apport en liquide n’excède pas la perte d’eau par sudation et en consommant des boissons ou des aliments contenant du sodium pour compenser la perte de sel dans la sueur (en quantité raisonnable bien sûr comme nous l’avons évoqué plus haut). 

Il est évident qu’une consommation excessive de liquide durant l’effort peut aussi mettre la vie en danger et c’est pour cette raison qu’il est essentiel d’apprendre dans ses entraînements et ses compétitions « comment bien s’hydrater » et surtout d’être informé du danger potentiel d’une surconsommation de liquide. Le trop étant souvent l’ennemi du bien.

Eric Lacroix

Eric Lacroix

Coach exclusif pacetraining.run